Jour de gloire pour Chantal Herbé, receveuse de la poste de Bourdeilles depuis dix ans : elle vient de sortir deux «vrais» romans, non point à compte d'auteur mais chez un authentique jeune
éditeur, TDO Editions à Perpignan. Originaire de Lorraine, agent de la... police judiciaire avant d'intégrer La Poste, en 1983, cette femme à la fois décidée et enjouée rejoint donc le cercle des
auteurs à part entière, en se définissant comme «écrivain country». Ses deux premiers romans, juste parus dans un heureux format de poche, « La Lettre du Montana » et «Disparaître» (1) ont en
effet pour cadre la vaste Amérique du Nord qu'elle connaît fort bien. Car elle l'a parcourue de long en large de manière plutôt échevelée : Montréal-le Texas en chariot attelé, la Louisiane en
bateau-stop, etc.
Sous le curieux pseudo de Paul Mercusot, nom de son grand-père, figure de la République dont elle a souhaité perpétuer le souvenir libertaire, elle doit récidiver chez le même éditeur début 2007.
Car avant un quatrième titre («Retour dans le Montana»), elle signera encore «La Terre promise», avec pour décor, cette fois, l'Alaska.
Voyages. Véritable fugue en sol glacé, elle y décrira la vertigineuse quête transocéanique d'une vieille dame digne cherchant un jeune parent mystérieusement « évaporé ». Ce thème du voyage avec
ou sans retour est décidément cher à notre postière, devenue pourtant elle-même, avec quelque sagesse, voyageur immobile, Gulliver de guichet, Phileas Fogg des colis et mandats, femme d'aventures
affranchie par les timbres.
«La Lettre du Montana», c'est l'histoire de l'excellent Pierre Lassimouillas averti un jour, par une missive anonyme, que son frère Paul, disparu sans trop laisser d'adresse, est bien vivant dans
cet Etat du Nord-Ouest américain. Précisément à Choteau. Pierre, parti à sa recherche, évolue dans de somptueux paysages sauvages hantés par des Peaux-Rouges engagés dans un terrible bras de fer
avec l'administration yankee.
« Disparaître » est dans la même veine. Après avoir vécu mille bonheurs, mille misères pour débusquer Paul, Pierre va se trouver confronté à un choix cornélien : retrouver la sécurité sans relief
de son bon vieil Hexagone ou continuer à courir, au prix le plus fort, l'aventure au grand vent.
Feu Vladimir. Habitée du démon de l'écriture, Chantal Herbé avait déjà tâté du roman il y a des années. Un essai peu concluant sur lequel elle ne s'étend guère. Elle préfère confier comment
nombre de clients de son bureau, jouxtant le beau pont historique voûté de Bourdeilles, ont forcé son inspiration. En premier lieu Vladimir Volkoff, l'écrivain et polémiste, qui jusqu'à sa mort
l'an dernier habitait à la Rigeardie, à un jet d'arbalète de ce joyau Renaissance de Bourdeille(s) qu'il se plaisait par coquetterie à orthographier sans « s ».
Elle suggère d'ailleurs dans l'hommage qu'elle lui dédie en ouverture de « La Lettre du Montana » tout le respect qu'elle portait à la rigueur de son style, à l'aisance de son expression, à la
richesse de sa documentation. La veuve de l'écrivain russe blanc, a-t-elle apprécié, figurait parmi les acheteurs de l'ouvrage le premier jour...
Toute la force et la vigueur déployées par Chantal Herbé alias Paul Mercusot pour devenir un auteur authentique eussent été vaines sans la rencontre avec Benjamin Jugieau, né il y a une trentaine
d'années en Charente-Maritime et devenu catalan. Il partage sa vie professionnelle entre sa collaboration à notre confrère « L'Indépendant de Perpignan » et le développement du Temple d'or.
Edition nouvelle. Des sujets historiques (Egypte notamment) ou plus ou moins ésotériques (ainsi les Bermudes) émaillent son catalogue, par ailleurs marqué du sceau du régionalisme (Cathares des «
Bûchers du paradis »). Mais il se veut sans a priori. Seules lui importent vraiment la mise des techniques modernes au service de l'expression écrite; une relation nouvelle de conseil avec les
libraires; et une rencontre aussi directe que possible avec les lecteurs.
Chantal n'est pas que femme de lettres. Elle est aussi mère de famille avec trois filles, les adorables jumelles Chloé et Bérengère et la petite Roumaine adoptée Alexandra, ainsi qu'un fils
Antonin, 1er prix de l'Ecole supérieure des beaux-arts de Poitiers. C'est lui qui, avec talent à conçu les couvertures de « La Lettre du Montana » et de « Disparaître ». La postière n'en est pas
peu fière. Pour être auteur, elle n'en reste pas moins maman !
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Jeudi 19 Juin 2008 :
A 18h30 : Jeudi bleu au café Bleu à Thuir : Rencontre d'auteurs avec Paul Arquier
Parayre et Gérard Raynal.
Vendredi 20 Juin 2008 :
A 18h00 : Médiathèque de Prades : Soirée contée avec Claude Fabre autour des contes du
haut conflent.
Dimanche 22 Juin 2008 :
De 9H00 à 12H30 :
Dédicace de Gérard Raynal à la librairie "Presse 66" du Soler.
Vendredi 27 Juin 2008 :
A 17H30 : Lancement
officiel du Livre de Gérard Raynal, Prix Méditerranée Roussillon 2008 au Chateau Royal de Collioure
Samedi 28 Juin 2008 :
A 18h30 : Dédicace de Gérard Raynal à la fête du Travailleur Catalan, à Argelés (Bocal du Tech)